Délégationde Savoie

RCF - Chronique du mois de mars 2011

Radios chrétiennes francophones

Dans quelques jours, des élections vont permettre de renouveler 19 des 37 conseillers généraux que compte le département de Savoie. Il s’agit des élections cantonales. Cet événement attire peu l’attention. Pourtant, il porte sur des intérêts capitaux, notamment pour les personnes confrontées à la précarité.

L’action sociale, dont le logement, est une des premières compétences du conseil général.

Depuis maintenant deux ans, le Secours Catholique constate une dégradation de la situation matérielle des familles et un fort accroissement de la précarité des ménages.

Pour les familles, la part du logement, et particulièrement des charges, augmente et entraîne des déséquilibres budgétaires. De nombreuses familles doivent demander des aides pour ces dépenses.

Un logement stable et digne est une sécurité primordiale pour les familles accompagnées par le Secours Catholique.

C’est pourquoi, en tant qu’association, nous demandons aux candidats aux élections cantonales de veiller particulièrement à maintenir et à développer la politique sociale du département, notamment en matière de logement.

Nous vous invitons, auditeurs, à vous intéresser aux propositions que font les candidats dans ce domaine.

La récente étude statistique du Secours Catholique montre que, dans la Région, la fréquence des impayés de loyer et d’énergie augmente.

Le logement est la principale dépense contrainte des ménages. Dans notre étude, 47 % des revenus sont utilisés à payer des dépenses liées au logement.

Les dispositifs existants doivent mieux prendre en compte :

• l’accompagnement dans le logement, notamment à travers la sécurisation du parcours de vie du locataire (accompagnement à l’accès, maintien dans le logement, prévention des expulsions) ;

• la mise en place de l’intermédiation locative pour la mobilisation de logements privés et publics, leur gestion locative, et enfin l’accompagnement des ménages ;

• le repérage des logements vacants dans le parc privé et public afin d’activer le pouvoir de réquisition du préfet.

Votée en 2000, la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains, ou loi SRU, impose aux communes de plus de 3 500 habitants, sous peine d’amende, un quota de 20 % de logements sociaux. Mais de nombreuses villes continuent de préférer la sanction à la construction. Selon un décompte récent, sur les 931 soumises à la loi SRU en France, seules 32 communes ont atteint leur quota.

Autre constat, l’offre de logement n’est pas adaptée au public jeune, aux personnes âgées, aux familles monoparentales. Cela pour cause de mobilité fréquente, de manque de personnes caution, de loyer trop élevé.

Le principe du dispositif Solibail, qui ne propose un logement que pour 3 à 18 mois, est inadapté à la réalité des travailleurs précaires, qui n’aspirent qu’à la stabilité et non à des déménagements fréquents.

Plus de 50 000 personnes sont privées de domicile personnel en Rhône-Alpes. Nous constatons un manque de logements d’insertion. La loi Dalo n’est pas entièrement appliquée, en raison là encore du manque de logements sociaux dans nos départements. Même lorsqu’il est en défaut, l’État fait rarement l’objet d’une condamnation et celle-ci n’est suivie d’aucun effet.

La précarisation grandissante des familles a des conséquences sur les enfants. La situation des jeunes et des seniors se détériore aussi.

Face aux difficultés croissantes de vie quotidienne, nous constatons un repli des personnes sur elles-mêmes, les amenant à moins solliciter les aides auxquelles elles pourraient prétendre. Cette situation entraîne un recul de l’accès aux droits, d’où un glissement de la politique sociale de droit commun vers le caritatif.

C’est pourquoi nous demandons, dans cette période de crise, de veiller particulièrement à ce que les politiques sociales du département restent ambitieuses et concourent à freiner la précarisation des familles.

Vous avez du pouvoir pour cela à travers votre vote.

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